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BPFC MEMORIES: l’Itw de Farid El Alagui

Histoire de passer le temps, le BPFC vous propose des interviews d’anciens joueurs qui ont marqué l’histoire du club ! Aujourd’hui C’est Farid El Alagui bergeracois de 2006 à 2009 avec 10 buts au compteur et qui a par la suite connu une très belle carrière professionnelle en Écosse !

Farid, ça fait maintenant quelques années que tu as porté le maillot du Bergerac Foot (à l’époque), c’était entre 2006 et 2009, mais les supporters se rappellent encore de toi ! Quels souvenirs gardes-tu du BPFC ?

« Je suis très flatté qu’ils se rappellent encore de moi ! Je me rappelle très bien de ces trois superbes années sportives et humaines. Bergerac est synonyme d’émancipation pour moi, je quittais le cocon familial et les amis pour la “vie d’adultes”. Je devais confirmer les attentes sportives placées en moi car le club était venu me chercher. Il y avait une forme de “pression”. C’était mon premier vrai test car à Marmande j’étais protégé en étant un jeune du club qui jouait en première. Le projet sportif de Bergerac était très ambitieux puisque nous parlions déjà de montée en CFA2 (N3). Beaucoup de nouveaux joueurs étaient arrivés en même temps. Nous avons eu la chance de créer un groupe hyper soudé dès le départ avec de forts caractères ! Bazou (cf. Bazilia Mokili Yenga), Chris Hugot, John (cf. Johnatan Pascouaud), Khalid (El Kihel), Cyril (Holod), Alex (Gay), Richard (Maquin), Fred (Roumazeilles), Nadir (Zidane), Karim (Allali), Paulo (Dias), Boris etc… De gros caractères mais surtout des mecs en or ! D’autres supers mecs nous ont rejoint la 2ème et 3ème année, je pense à Tambou (Sébastien Tambouret, aujourd’hui coach de Sedan), Dave (David Merdy), Hassan (Hamouti), Arnaud (Dutruch), Kevin (Pinazzo) notamment. 2 montées en 3 ans c’était improbable au départ et même si la première montée a été acquise administrativement, nous avions montré à tout le monde que nous avions notre place en CFA2. En effet, nous sommes montés directement cette même saison dans une poule très relevée avec beaucoup de clubs de la banlieue toulousaine ! Le dernier match de la montée en CFA contre Chasselay restera dans les annales du club car même le club de Chasselay était resté faire la fête avec nous jusqu’au petit matin! »

As-tu une anecdote sur ton passage à Bergerac que les supporters ne savent pas ? Ou un souvenir qui t’a marqué ? 

« Difficile de n’en retenir qu’une tellement il y a eu de moments forts ! Je me rappelle l’émotion dans les yeux du Président lors de la montée en CFA ! Un président ému aux larmes, il avait des yeux d’enfant et c’était beau de voir ça parce que j’ai senti à quel point ce club lui tenait à cœur. Un homme en Or et surtout un homme de paroles. Nous avons toujours eu cette “relation de confiance” et il m’a beaucoup aidé au départ quand c’était dur pour moi. Sa porte était toujours ouverte. Cela me tenait à cœur de lui rendre sur le terrain, alors ces montées elles étaient aussi pour lui. Cette année en CFA2 restera ma préférée des trois parce qu’on avait vraiment réussi à créer un groupe fort. On sentait qu’il ne pouvait rien nous arriver. On était toujours ensemble, un coup chez l’un, un coup chez l’autre. Les petits jeunes aussi commençaient à pointer le bout de leur nez, Mathias (Bomtour), Youssef (Zidane), René (Dolivet)… Je me rappelle que Baz mettait des coups de pression aux joueurs adverses dans les couloirs très serrés de Campreal avant les matchs. On avait oublié Jean-Claude Petit aussi un de nos dirigeants, sur une aire de repos lors d’un déplacement à Chasselay… On aimait titiller José, notre adjoint, un super mec mais qui ne fallait pas embêter ! Dernière anecdote, lors de mon dernier match à Bergerac j’avais pris 8 matchs de suspension contre Romorantin après avoir répondu à un coup de poing à la fin du match reçu par Philippe Durpes. Philippe qui deviendra un ami très proche deux ans après quand je signe à Romorantin. Il venait manger à la maison, j’allais temps chez lui, on a beaucoup rigolé après coup !

Après Bergerac, tu es parti vivre une aventure de rêve, d’abord au Maroc, puis en Ecosse et Angleterre, où tu as côtoyé le haut niveau professionnel, pu te mesurer à des défenseurs comme Virgil Van Djik par exemple. Raconte-nous ce parcours ? 

« Ça aura été un vrai déchirement de quitter Bergerac surtout que ce n’était pas prévu. J’étais parti voir un match des Girondins à Chaban Delmas en fin de saison et je me retrouve assis à côté de l’agent de Marouane Chamakh par hasard. On fait connaissance et un mois après il me propose un essai en D1 Marocaine. Essai concluant, je rentre à Bergerac expliquer au Président et à mon directeur d’Agence (CIC) la situation dans laquelle je me trouve. J’avais été très touché par la réaction de grande classe de Mr Fauvel qui m’avait dit de foncer sur cette opportunité alors que je lui avais redonné mon accord quelques semaines plus tôt. Il avait compris qu’une occasion de signer pro à 23 ans ne se représenterait pas. J’avais toujours eu beaucoup d’estime et de respect pour l’Homme mais à ce moment précis il m’avait marqué.

Un an après je suis champion du Maroc, une fierté immense. Malgré ce titre, je reviens en CFA à Romorantin car j’avais eu une saison limitée en temps de jeu entre quelques blessures et une concurrence acharnée. Je découvre sans transition l’envers du décor de la carrière d’un joueur pro. Je fais une bonne saison en CFA en finissant meilleur buteur du championnat, je compte rester une année de plus mais là encore le destin va s’en mêler. Pendant mes vacances, un agent m’appelle pour me proposer un essai en D2 écossaise. Il m’explique qu’un attaquant l’a laissé tomber à la dernière minute et qu’il faudrait le remplacer. J’accepte et c’est là qu’il me prévient que je vais devoir porter le nom de ce joueur “déserteur” (Arouero son nom) pendant toute la semaine ! La tête des dirigeants au moment de donner mon passeport pour finaliser la signature du contrat. Et là, tout va s’enchaîner ! Super saison, 28 buts en 38 matchs, élu meilleur joueur du championnat, exploit en coupe contre les Glasgow Rangers, demi-finale de Cup contre le Celtic Glasgow au stade national devant 50 000 personnes. La saison de rêve ! Je signe en Angleterre (mon rêve de gosse) à Brentford. Deux mois après, vilaine blessure au genou je rate 7 mois dont deux matchs de coupe contre Chelsea ! Je rate aussi la finale de play-off perdue à Wembley pour la montée en D2. Saison difficile mais très enrichissante. Je reviens la saison d’après et je suis prêté à Dundee Utd en 1ère division écossaise. Je joue avec Andrew Robertson (Liverpool FC) et je rencontre plusieurs fois le Celtic Glasgow et un certain Virgil Van Dijk. Quel classe ce joueur ! Quand toi tu étais à fond, il te trottinait à côté et te balayer du bras… Impressionnant !

Je signe ensuite à Hibernian un des deux clubs d’Edimbourg. Malgré une autre grosse blessure (rupture du tendon d’Achille) dont je ne me remettrai jamais vraiment, je vis de supers moments. Je participe à deux derbys contre les Hearts où j’ai la chance d’y marquer deux buts. Et surtout, nous gagnons la prestigieuse coupe d’Ecosse que le club n’avait plus remporté en 103 ans. Des centaines de milliers de personnes dans la rue le lendemain. Magique ! Je décide de rentrer en France pour finir ma carrière là où je l’ai commencé au FC Marmande. Ça avait une valeur sentimentale très importante pour moi. »

Qu’est-ce que tu garderas en mémoire de ce passage professionnel ? As-tu un regret ? 

« Je garde énormément de bons souvenirs de ce parcours pour le moins atypique. Je n’étais pas du tout parti pour signer pro à la base. Je travaillais en banque, je jouais à un bon niveau à Bergerac, la famille pas loin. Tout allait bien ! Mais, le destin m’a mis sur ce chemin et je suis très heureux d’avoir pu vivre tous ces moments inoubliables et d’avoir pu le faire vivre à toute ma famille et mes proches. Des rencontres avec des personnes magnifiques (Marouane Chamakh, David Ginola, Serge Betsen, Sir Alex Ferguson, Eden Hazard, Frank Lampard, Demba Ba, Gareth Bale etc…), de grandes victoires, des défaites, des blessures… Bref, une carrière riche en émotions donc aucun regret vraiment!! J’aurai aimé vivre une sélection en équipe Nationale pour mes parents mais ce n’est pas un regret. Beaucoup de fierté au contraire. »

Et maintenant, tu es revenu pas loin de nous, à Marmande. Raconte-nous ta nouvelle vie puisque tu as mis un terme à ta carrière sportive l’année dernière. Quel est ton nouveau rôle ?

« J’ai raccroché les crampons cet été oui après une dernière année à Marmande avec un super groupe. Nous avons raté la montée de peu mais humainement c’était une superbe saison. Je me suis occupé de ma reconversion professionnelle à mon retour et j’ai été très bien aidé par le président Jean Baptise Coat et le vice-président Bertrand Tunica. Ces deux hommes ont joué un rôle majeur dans mon retour au club, deux personnes de valeurs que j’estime beaucoup. Après l’obtention de ma licence dans la gestion et le développement des organisations sportives, je suis en train de passer le BEF (diplôme d’entraîneur). Il y a quelques semaines, le président m’a proposé ce nouveau poste de directeur sportif que j’ai accepté sans hésiter. Je prends déjà beaucoup de plaisir. J’aime les projets et j’ai de l’ambition. Je veux pouvoir apporter au club et aux jeunes du club notamment toute mon expérience et si mon parcours peut en inspirer quelques-uns alors je serai le plus heureux ! »

Est-ce que tu crois que l’on pourra te revoir un jour à Campréal ? 

« Avec grand plaisir ! Ce club représente quelque chose de très spécial pour moi. Je suis d’ailleurs très heureux de voir que tu as rejoint l’équipe dirigeante (cf. Paul Fauvel). Je garde encore contact avec des personnes comme Christophe Fauvel bien évidemment, mais aussi Christophe Hugot que je considère comme des amis!! On a partagé beaucoup de moments forts

Ça t’arrive de suivre les résultats du BPFC ? Que penses-tu du BPFC version 2019/2020 ?

« Je suis les résultats bien évidemment et je suis très heureux de voir que le club se porte bien. Ces parcours en coupe de France qui font rêver tant de personnes ne sont que le reflet du travail de qualité fait dans les coulisses ! Je te félicite, toi (Paul Fauvel), ton papa (Christophe Fauvel), les dirigeants, le staff, les joueurs, les bénévoles etc… pour tout ce que vous faites pour faire grandir ce club. Je commence à prendre conscience de la difficulté de faire grandir un club à notre échelle alors bravo pour tout et pleins de courage pour la suite avec beaucoup d’autres victoires ! »

Dernière question : as-tu un message ou un mot à faire passer aux supporters Bergeracois ou amoureux du football en règle générale ? 

« Ces dernières semaines sont venues nous rappeler que le football était important mais pas autant que la santé et qu’il pouvait y avoir des choses bien plus graves dans la vie. Je veux que tout le monde prenne conscience de la chance que l’on a d’être en bonne santé et de savourer chaque minute passée sur ou au bord d’un terrain. Prenez soin de vous et de vos proches et au plaisir de vous retrouver au bord d’un terrain pour continuer à profiter de ce sport qui nous fait tous vibrer ! »

Encore un énorme merci à Farid pour sa gentillesse, sa disponibilité et ses nombreuses anecdotes passionnant ! Tu seras toujours le bienvenu à Campréal et en espérant te recroiser dans tes nouvelles fonctions avec Marmande !